Le Kalam­ka­ri Petite His­toire du Kalam­ka­ri Les étapes de fabri­ca­tion Les Tis­sages La cou­ture

Kalamkari

Éty­mo­lo­gi­que­ment, kalam­ka­ri vient de kalam qui signi­fie « la plume » (de roseau) et kari qui signi­fie « la main ». 

Les thèmes tra­di­tion­nels sont la repré­sen­ta­tion de scènes épiques et des « pura­nas » (mytho­lo­gie indienne), ain­si que les motifs flo­raux. Au cours des âges, l’iconographie s’est enri­chie en fonc­tion des goûts des ache­teurs et de l’imagination de l’artiste : minia­tures mogholes, arbres de vie, tapis per­sans, scènes de la vie quo­ti­dienne, etc…

Le kalam­ka­ri, ensei­gné à Asa Nike­tan par M. Venu­ko­ta Adi­se­shu, un des meilleurs artistes de l’Andhra Pra­desh, aujourd’hui dis­pa­ru, est un tra­vail uni­que­ment fait main. Les femmes de l’atelier ont pré­fé­ré ce tra­vail de des­sin et de pein­ture à la main à celui de l’impression à l’aide de blocs de bois sculp­tés. Elles peuvent appor­ter toute leur fan­tai­sie dans le des­sin et déve­lop­per ain­si leur talent artis­tique.

Le des­sin sur tis­su demande, en effet, un cer­tain talent de la part du des­si­na­teur et au moins trois ans d’entraînement et de pra­tique pour acqué­rir la maî­trise de cet art.

Le kalam­ka­ri est un art pic­tu­ral tra­di­tion­nel de l’Inde du Sud. Il s’agit d’un art très ancien qui a connu son apo­gée dans le riche royaume de Gol­conde (la ville actuelle d’Hyderabad) au Moyen-Âge, grâce au déve­lop­pe­ment des échanges com­mer­ciaux avec la Perse.

Pen­dant des siècles, il a été exer­cé par de nom­breuses familles en Andh­ra Pra­desh, pour les­quelles il consti­tuait le moyen de vivre.

Dans les temps anciens, des groupes de chan­teurs, musi­ciens et peintres, appe­lés les « Chi­tra­kat­tis », se dépla­çaient de vil­lage en vil­lage pour racon­ter à un audi­toire nom­breux les grandes épo­pées de la mytho­lo­gie hin­douiste. Au fur et à mesure du dérou­le­ment de l’histoire, ils illus­traient leur récit à l’aide de grandes pièces de toile peintes sur place avec des moyens rudi­men­taires et des tein­tures extraites de plantes. Il s’agissait des pre­miers kalam­ka­ri.

De même, on trou­vait dans les temples hin­douistes de grands pan­neaux de kalam­ka­ri repré­sen­tant des épi­sodes de la mytho­lo­gie indienne à l’instar des vitraux dans nos cathé­drales.

Bien que le kalam­ka­ri ait connu un cer­tain déclin, il a été remis à l’honneur par l’Atelier d’Asa Nike­tan à Kava­li (Andh­ra Pra­desh). Tout en rega­gnant une cer­taine estime popu­laire en Inde, il est sur­tout appré­cié à l’étranger. Dès le XVIIIème siècle, il a été uti­li­sé par les Anglais comme élé­ment de déco­ra­tion et d’habillement.

 

puceTechniques de fabrication

Requé­rant patience et per­sé­vé­rance, la fabri­ca­tion d’une toile est un arti­sa­nat qui néces­site de longues semaines de tra­vail.

puceRévéler la blancheur de la toile de coton

La toile de coton écru est d’abord soi­gneu­se­ment plon­gée dans une solu­tion faite avec le jus d’une plante appe­lée « myro­ba­lan ». Ce pro­cé­dé per­met de don­ner à la toile de coton les qua­li­tés néces­saires pour fixer les cou­leurs.

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L’artiste repro­duit alors le des­sin de son choix sur un calque. Une fois la toile sèche, le motif repor­té des­sus et ses contours sont repas­sés à l’encre noire à l’aide d’une plume de bam­bou.

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L’encre noire est obte­nue en fai­sant rouiller des clous dans du jus de palme (jag­ge­ry) pen­dant six mois. 

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Un second bain chaud, conte­nant un déter­geant natu­rel, per­met d’éliminer la teinte jau­nâtre du tis­su due au myro­bo­lan. Une fois blan­chi, le tis­su sèche au soleil. Cette der­nière étape peut néces­si­ter jusqu’à trois jours. 

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puceEnnoblir la toile

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Les cou­leurs sont appli­quées les une après les autres. Les artistes fabriquent elles-mêmes les tein­tures à par­tir de végé­taux. Le bleu tire ain­si sa cou­leur de la fleur d’indigo et le jaune du safran. 

Une sorte de gomme à base de résine est appli­quée sur les contours de la par­tie à peindre pour que la cou­leur choi­sie ne se dif­fuse pas sur le reste du tis­su.

La toile est à nou­veau lavée et séchée. L’opération est répé­tée pour chaque cou­leur.

Les cou­leurs s’obtiennent en appli­quant suc­ces­si­ve­ment un mor­dant métal­lique et une  tein­ture végé­tale ou chi­mique. La com­bi­nai­son des deux élé­ments ain­si qu’une expo­si­tion au soleil per­met de don­ner aux cou­leurs toute leur viva­ci­té.

 

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Les sœurs de Kava­li ont recueilli au sein de leur éta­blis­se­ment un maître tis­se­rand malade qui s’est occu­pé de leur for­ma­tion. Ce der­nier a pro­po­sé son aide afin de for­mer ces femmes au tis­sage.

Les métiers sur les­quels les femmes tra­vaillaient étant très anciens. En février 2010, l’association en a donc ache­té deux nou­veaux. L’un d’entre eux est doté d’un sys­tème Dob­hy per­met­tant de faire des bor­dures de motifs dif­fé­rents et des toiles plus larges. Cepen­dant les deux leur per­mettent de réa­li­ser des tis­sages très fins. 

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Les femmes réa­lisent  dif­fé­rents articles de cou­ture dans l’atelier : sacs, tabliers, vide-poches, plats à tarte, trousses.. 

Elles réa­lisent éga­le­ment  des bra­ce­lets à l’aide de fils de coton et de perles colo­rées. Tra­di­tion­nel­le­ment, on les offre aux per­sonnes qui nous sont chères.